Journée nationale des aidants : et si on aidait aussi les aidants ?
Chaque 6 octobre, la France célèbre sa journée nationale des aidants. Une date que la plupart des principaux concernés découvrent... par hasard, sur les réseaux sociaux. Et pourtant, elle mérite qu'on s'y arrête — pas pour cocher une case, mais pour se demander concrètement : qui aide les 9 millions de personnes qui aident, chaque jour, un proche ?
Une journée, 9 millions de personnes concernées
En France, environ un actif sur six déclare aider régulièrement un proche en perte d'autonomie — un parent âgé le plus souvent. Beaucoup ne se reconnaissent même pas dans le mot « aidant » : pour eux, c'est simplement « ce qu'on fait pour ses parents ». C'est justement l'un des objectifs de cette journée nationale : donner un nom à ce rôle, pour qu'il devienne visible — y compris aux yeux de ceux qui l'occupent sans le savoir.
Pourquoi une journée dédiée change (un peu) les choses
Une journée symbolique ne résout rien à elle seule. Mais elle a un effet réel : elle pousse des associations, des collectivités et des entreprises à organiser des temps d'information, des ateliers ou des permanences dédiées, souvent la seule occasion pour certains aidants d'entendre parler, pour la première fois, de dispositifs comme le congé proche aidant ou le droit au répit. Elle sert aussi de point de départ à des campagnes de sensibilisation qui, doucement, changent le regard porté sur ce rôle.
Ce qu'on oublie souvent : qui aide l'aidant ?
La plupart des dispositifs, des associations et des discussions autour du grand âge se concentrent — logiquement — sur la personne âgée. Sa santé, son confort, sa sécurité. Mais l'aidant, lui, reste souvent la variable d'ajustement invisible : celui ou celle qui absorbe le stress, réorganise ses soirées, sacrifie ses loisirs, sans que personne ne lui demande jamais comment il ou elle va, vraiment.
5 gestes concrets pour aider un aidant que vous connaissez
1. Proposez une tâche précise, pas une aide vague
« Dis-moi si je peux t'aider » demande un effort supplémentaire à la personne déjà débordée. « Je passe prendre les courses jeudi, donne-moi ta liste » retire, elle, une vraie charge.
2. Demandez-lui comment il ou elle va, pas seulement son parent
La question « et ta maman, comment elle va ? » est légitime — mais elle oublie souvent l'aidant lui-même. Un simple « et toi, comment tu tiens ? » peut faire une vraie différence.
3. Ne jugez pas ses choix d'organisation
Chaque famille compose avec ses contraintes. Éviter les remarques du type « moi à ta place, j'aurais fait autrement » allège une charge émotionnelle déjà lourde.
4. Partagez la charge entre frères et sœurs
Trop souvent, un seul enfant porte l'essentiel de la charge d'un parent âgé. En reparler ouvertement en famille, même si c'est inconfortable, permet parfois de rééquilibrer les choses.
5. Faites connaître les ressources existantes
Beaucoup d'aidants ignorent l'existence des plateformes de répit, des groupes de parole ou des dispositifs comme le droit au répit. Partager une information utile est déjà, en soi, un vrai soutien.
Ce que les entreprises peuvent faire
Avec la majorité des aidants qui occupent un emploi en parallèle, les employeurs ont un rôle à jouer : horaires plus souples les jours de rendez-vous médicaux, information claire sur le congé proche aidant, ou simplement une culture managériale qui ne pénalise pas silencieusement celles et ceux qui doivent partir plus tôt certains jours. Quelques entreprises commencent à formaliser cela via des chartes « proche aidant » internes.
Alain est né de ce même constat
Trop d'aidants portent seuls une charge invisible. Alain prend en charge une partie du quotidien de votre parent — rappels, rendez-vous, taxis, dépannage — pour vous rendre un peu de l'espace dont vous avez besoin, toute l'année, pas seulement le 6 octobre.
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